Les 2 et 3 octobre 2026, Ekopi’Fest mettra à l’honneur une initiative inattendue à Hendaye : récupérer l’urine humaine pour fertiliser les cultures. Né autour de l’ensemble scolaire Saint-Vincent, le projet EKOPI réunit acteurs agricoles, associations et citoyens. Une rencontre pour découvrir comment nos toilettes pourraient contribuer à une agriculture plus autonome au Pays basque.
Et si une ressource pour les champs se trouvait là où personne ne pense à regarder ? À Hendaye, le collectif EKOPI explore une piste qui bouscule les habitudes : collecter séparément l’urine, puis étudier sa valorisation comme fertilisant agricole. Derrière le sourire que peut provoquer le sujet, la démarche pose des questions concrètes sur l’eau potable, l’assainissement et l’approvisionnement des agriculteurs en engrais.
À quelques jours d’Ekopi’Fest, cette expérimentation locale sort du cercle de ses partenaires pour rencontrer les habitants. Le rendez-vous s’inscrit dans la Semaine hendayaise du développement durable et la semaine Klima.
Ekopi’Fest à Hendaye les 2 et 3 octobre
Deux publics, deux temps de rencontre. Le vendredi 2 octobre 2026, à partir de 14 h 30, une présentation du projet sera consacrée aux acteurs du territoire, notamment aux entreprises et aux élus. L’ensemble scolaire Saint-Vincent, le CIVAM BLE et les membres du collectif y partageront leur expérience de la collecte et de l’urino-fertilisation.
Le programme annoncé comprend une table ronde, une visite des installations, des échanges avec les partenaires sur leurs stands et un buffet de producteurs.
Le samedi 3 octobre, de 11 h à 20 h, place au grand public au collège Saint-Vincent. L’office de tourisme d’Hendaye annonce un rendez-vous gratuit, sur inscription, avec une visite et une table ronde consacrées aux toilettes sèches et à la filière de fertilisation agricole. L’occasion de comprendre une démarche encore peu familière, directement sur son lieu d’expérimentation.
Une aventure née dans les toilettes d’une école
L’histoire d’EKOPI commence en 2023 avec la conception et l’installation de toilettes sèches à l’école et au collège Saint-Vincent d’Hendaye. Leur mise en service intervient en 2024. L’enjeu initial est simple : économiser l’eau utilisée dans les sanitaires.
Mais une autre question apparaît rapidement : que faire de la ressource collectée ? En septembre 2024, une demande de partenariat auprès de l’association BLE permet de renforcer le lien avec le monde agricole. Un maraîcher adhérent, installé à Hendaye, rejoint alors la démarche.
Au fil des mois, le projet s’élargit. La Forêt qui court entre dans le collectif en mars 2025, puis un comité de pilotage associant Saint-Vincent et BLE se met en place. Collecte, stockage, transport, suivi des sols : l’expérimentation prend progressivement la forme d’un travail collectif organisé.
De l’urine aux cultures : comment fonctionne le projet ?
Le principe consiste à récupérer l’urine à la source, grâce à des équipements adaptés, plutôt qu’à la mélanger aux autres eaux usées. Elle est ensuite stockée, puis destinée à des essais de fertilisation dans un cadre suivi.
Le schéma présenté par EKOPI relie ainsi les sanitaires, les cuves de collecte, les cultures et l’alimentation. Les nutriments issus de ce que nous mangeons pourraient revenir aux terres agricoles : c’est la logique d’une économie circulaire appliquée à une ressource du quotidien.
Il s’agit toutefois d’un projet de recherche-action. Son objectif est précisément de tester la faisabilité technique, sanitaire et réglementaire de cette valorisation, notamment en agriculture biologique. Le dossier mentionne des démarches auprès de l’INAO et des producteurs intéressés dont la participation reste freinée par les autorisations nécessaires. La démarche ne doit donc pas être confondue avec une pratique déjà généralisée.
Une collecte qui progresse en 2026
Selon les chiffres communiqués dans le dossier de presse, 8 000 litres d’urine ont été collectés en 2026, contre 4 000 litres en 2025. Le collectif indique également compter une trentaine de membres, avec un noyau d’environ quinze participants aux réunions.
Ces volumes témoignent d’une progression de la collecte. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une mesure des bénéfices agronomiques ou environnementaux : ceux-ci doivent être documentés par les essais et les suivis.
L’année 2026 marque aussi de nouvelles étapes. Un suivi mensuel des nitrates a commencé au printemps chez les partenaires. En juillet, le dossier signale les premiers épandages expérimentaux de La Forêt qui court et l’entrée de Water Family dans le collectif. Des contacts ont également été engagés autour d’un projet de toilettes sèches sur la Rhune.
Eau, engrais : des enjeux bien locaux
Pour EKOPI, la valorisation de l’urine répond à trois ambitions : économiser l’eau, limiter les pertes de nutriments et renforcer l’autonomie agricole. À l’échelle du Pays basque, le projet cherche à rapprocher les lieux de collecte des utilisateurs, en construisant une filière ancrée dans le territoire.
Reste à établir un fonctionnement durable. Le plan d’action prévoit notamment d’évaluer les investissements, le transport, la maintenance et le coût des analyses. L’enjeu est autant collectif qu’économique : qui collecte, qui transporte, qui utilise et comment répartir les charges ?
Ekopi’Fest permettra de découvrir ces questions à partir d’une expérience hendayaise concrète. Et de porter un autre regard sur un geste quotidien dont le potentiel agricole reste largement méconnu.
Ekopi’Fest : les informations pratiques
- Vendredi 2 octobre 2026 : rencontre des acteurs du territoire à partir de 14 h 30.
- Samedi 3 octobre 2026 : journée grand public, de 11 h à 20 h, gratuite et sur inscription selon l’office de tourisme.
- Lieu de la journée grand public : collège Saint-Vincent, 1 rue de la Libération, à Hendaye.
- Renseignements : ekopi-evenement@proton.me.
- Programme et inscription à la rencontre professionnelle : consulter l’annonce de Saint-Vincent.
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