Après deux saisons estivales orientées à la baisse, le tourisme au Pays basque retrouve une certaine stabilité en 2026. C’est l’un des principaux enseignements du bilan estival publié par l’Agence départementale du tourisme Béarn Pays basque (ADT64).
Sur les mois de juillet et août, le Pays basque totalise 6 millions de nuitées marchandes et non marchandes. Un résultat stable par rapport à l’année précédente, obtenu dans un contexte où les ménages restent particulièrement attentifs à leurs dépenses de vacances.
Cette stabilité générale cache toutefois des situations très différentes selon les territoires, avec un littoral en demi-teinte et plusieurs secteurs de l’intérieur du Pays basque en recul.
6 millions de nuitées au Pays basque
Après deux années de baisse, la stabilisation de la fréquentation constitue déjà un signal encourageant pour la destination.
La proximité semble jouer un rôle de plus en plus important dans le choix des vacanciers. La clientèle girondine progresse ainsi de 3 %, tandis que la plupart des autres grands marchés français restent relativement stables.
Mais la tendance la plus spectaculaire vient une nouvelle fois de l’autre côté de la frontière. La fréquentation espagnole augmente de 14 % et l’Espagne conforte ainsi sa position de premier marché touristique du Pays basque, devant Paris et la Gironde.
Les Allemands sont également de plus en plus nombreux, avec une progression particulièrement importante de 25 % cet été.
Autre indicateur positif : l’hôtellerie réalise une bonne saison. Le taux d’occupation des hôtels progresse de 2 points au Pays basque.
Saint-Jean-de-Luz réalise l’une des meilleures performances
Sur la côte basque, Saint-Jean-de-Luz fait figure de bonne élève. La ville enregistre 774 000 nuitées, soit une progression de 5 %.
Cette hausse est notamment portée par les visiteurs venus d’Île-de-France et d’Espagne. Les Espagnols constituent désormais le deuxième marché touristique de Saint-Jean-de-Luz derrière Paris.
Bayonne résiste également bien avec 830 000 nuitées, un chiffre stable par rapport à l’été précédent.
La situation est moins favorable ailleurs sur le littoral. Bidart recule de 3 %, avec 776 000 nuitées, malgré une forte progression des Allemands et une hausse des Espagnols.
À Anglet, la baisse atteint 9 %, pour un total de 794 000 nuitées.
Biarritz franchit toujours le seuil symbolique du million de nuitées, mais enregistre un recul de 4 %. La baisse des visiteurs venus d’Île-de-France et de Haute-Garonne est partiellement compensée par les progressions des clientèles allemande, espagnole et américaine.
Hendaye pénalisée par la baisse de l’offre de logements
La diminution la plus importante du littoral concerne Hendaye, qui totalise 593 000 nuitées, soit une baisse de 10 %.
Mais cette évolution doit être mise en perspective avec une réduction importante de l’offre touristique. Selon l’ADT64, Hendaye est passée de 10 000 lits marchands en 2022 à 7 000 en 2026.
Environ 700 logements ont été retirés du marché de la location depuis 2023, notamment à la suite de la réglementation concernant les meublés touristiques au Pays basque. Les meublés représentent par ailleurs 40 % de l’offre marchande hendayaise.
La baisse du nombre de nuitées ne traduit donc pas nécessairement à elle seule une perte d’attractivité de la destination.
Un été plus compliqué dans l’intérieur du Pays basque
Le rétro-littoral connaît également une saison contrastée. À Cambo-les-Bains, les nuitées diminuent de 6 %, avec 117 000 nuitées. Les villages labourdins enregistrent quant à eux une baisse de 11 %, à 650 000 nuitées.
Selon l’étude, les classes moyennes et les clientèles disposant des budgets les plus contraints apparaissent particulièrement en retrait dans ces secteurs.
En campagne basque, Bidache se distingue avec une progression de 7 % et 128 000 nuitées. À l’inverse, Hasparren recule de 11 %, tout comme Saint-Palais.
La montagne basque connaît elle aussi un été difficile. Saint-Jean-Pied-de-Port perd 7 % de ses nuitées et les Aldudes 9 %. Dans ces dernières, la clientèle américaine continue néanmoins de progresser et représente désormais le sixième marché du territoire.
La Soule fait exception à cette tendance avec une hausse de 3 %, pour atteindre 106 000 nuitées.
Le retour à la stabilité, une bonne nouvelle pour le Pays basque
Le bilan de l’été 2026 reste donc contrasté. Mais après deux saisons de recul, le retour à la stabilité des nuitées constitue un signal plutôt positif pour le tourisme basque.
Il confirme également plusieurs évolutions de fond : le poids croissant des clientèles de proximité, la progression spectaculaire des Espagnols et une fréquentation de plus en plus différente selon les territoires.
Entre Saint-Jean-de-Luz à +5 % et Anglet à -9 %, ou encore Bidache à +7 % et Hasparren à -11 %, parler d’une seule et même saison touristique au Pays basque devient difficile.
L’été 2026 aura donc surtout été celui d’une résistance globale de la destination, dans un environnement économique où le budget vacances pèse plus que jamais dans les choix des visiteurs.




