L’âge de glace au Pays basque : trois sites pour découvrir l’art préhistorique

7 Oct 2026 | Les racines, Tourisme

Des chevaux dessinés sur la roche, des animaux gravés et des galeries souterraines : le Pays basque conserve des témoignages fascinants de la Préhistoire. D’Isturitz à Santimamiñe, en passant par Ekainberri, trois sites proposent trois expériences différentes pour approcher cet héritage. Une escapade culturelle de part et d’autre de la frontière, à la rencontre des artistes du Paléolithique.

Avant de choisir votre visite, une distinction s’impose : tous les sites ne donnent pas accès aux œuvres originales. À Isturitz, vous entrez dans une véritable grotte préhistorique ; à Ekainberri, vous découvrez une réplique ; à Santimamiñe, le parcours associe découverte du site et restitution virtuelle. Trois approches complémentaires, qui permettent aussi de préserver des lieux fragiles.

L’art pariétal, une autre façon de découvrir le Pays basque

L’art pariétal désigne les œuvres réalisées sur les parois des grottes, notamment les peintures et les gravures. Il se distingue de l’art mobilier, qui rassemble les créations sur des objets transportables : os décorés, galets gravés ou petites sculptures, par exemple.

Ces traces nous invitent à regarder autrement la Préhistoire. Derrière les silhouettes animales, on découvre des choix de formes, une attention aux proportions et une utilisation de la roche comme support d’expression. À Ekain, les chevaux occupent une place majeure ; à Isturitz, les découvertes comprennent aussi de nombreux objets travaillés et décorés.[1][2]

Voici trois étapes pour explorer ce patrimoine, à choisir selon vos envies ou à réunir au cours de plusieurs sorties.

Isturitz et Oxocelhaya : deux grottes, entre Préhistoire et géologie

Dans la vallée de l’Arberoue, en Basse-Navarre, les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya offrent une double découverte. La première évoque les populations préhistoriques et leurs créations ; la seconde dévoile un paysage souterrain façonné par l’eau et le temps.

Isturitz possède une longue histoire d’occupation, documentée par des couches archéologiques du Paléolithique moyen et supérieur. Les fouilles ont livré des objets décorés, des parures et des flûtes en os. Le pilier gravé constitue l’un des points forts de la découverte de l’art dans la grotte.[1][3]

Une quinzaine de mètres plus bas, Oxocelhaya change l’ambiance : les concrétions occupent l’espace et donnent toute sa dimension géologique à la visite. La cavité abrite également de l’art préhistorique, mais l’accès aux galeries ornées relève de modalités particulières. Si cet aspect vous intéresse, renseignez-vous sur les visites thématiques au moment de réserver.[1]

Pour organiser votre sortie : la visite guidée classique dure environ une heure ; prévoyez au moins une heure et demie sur place. Il fait environ 14 °C dans les grottes. Des chaussures fermées et un vêtement chaud sont conseillés. Le parcours comporte notamment 90 marches entre les deux cavités et n’est pas adapté aux fauteuils roulants.[4]👉🏻

👉🏻 Informations et réservations pour Isturitz et Oxocelhaya

Ekainberri : à la rencontre des chevaux d’Ekain

À Zestoa, en Gipuzkoa, Ekainberri permet d’approcher l’un des ensembles d’art préhistorique les plus remarquables du Pays basque. Attention aux noms : Ekain est la grotte originale ; Ekainberri est sa réplique ouverte à la visite.

Découvertes en 1969, les peintures d’Ekain sont attribuées au Magdalénien, vers 13 000 à 14 000 ans avant aujourd’hui. Parmi les figures animales, les chevaux dominent, accompagnés notamment d’ours, de cervidés et de caprinés. La grotte originale a rejoint le patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, au sein de l’ensemble des grottes ornées du nord de l’Espagne.[2]

La réplique permet de découvrir cet art tout en préservant le site original. Pour le visiteur, c’est l’occasion de prendre le temps d’observer les silhouettes et leur disposition, guidé dans la lecture de ces images anciennes.

Pour prolonger l’expérience : la visite guidée de la réplique dure environ 45 minutes. Une formule d’environ 1 h 45 associe la découverte du lieu à des activités autour de techniques préhistoriques : faire du feu, chasser ou peindre. Vérifiez les séances proposées et la langue de visite lors de la réservation.[5]

Prévoyez également le temps d’approche à pied depuis Zestoa. Cette promenade fait partie de la sortie : mieux vaut arriver en avance pour profiter du cadre sans se presser.[5]

👉🏻 Préparer sa visite à Ekainberri

Santimamiñe : découvrir une grotte grâce à la visite virtuelle

À Kortezubi, en Biscaye, Santimamiñe propose une autre manière de rencontrer l’art préhistorique. La visite associe une approche du site réel à une exploration numérique de la cavité.[6]

Le parcours commence près de l’ermitage de San Mamés, puis monte vers l’entrée de la grotte avec un guide. Cette première partie permet de découvrir l’environnement et d’aborder les recherches archéologiques. De retour à l’ermitage, une restitution virtuelle en 3D donne accès à l’ensemble souterrain et à son art.[6]

Il faut donc réserver en sachant que l’on ne parcourt pas physiquement toutes les galeries ornées. Le numérique permet ici d’observer un patrimoine dont la conservation impose de limiter l’accès.

Pourquoi choisir cette étape ? Pour associer découverte du paysage, explications archéologiques et immersion virtuelle. C’est aussi une manière de comprendre pourquoi ouvrir un site au public ne signifie pas nécessairement en rendre chaque recoin accessible.

👉🏻 Découvrir le parcours de Santimamiñe

Quelle visite choisir ?

Votre envieLe site à privilégier
Entrer dans de vraies grottes et associer art préhistorique et géologieIsturitz et Oxocelhaya
Découvrir les chevaux d’Ekain dans une réplique et, selon la formule, participer à des activitésEkainberri
Associer découverte du site archéologique et exploration virtuelle en 3DSantimamiñe

Notre suggestion : profitez de ces trois lieux au fil de plusieurs escapades. Cela laisse le temps d’écouter les guides, d’observer les œuvres et de découvrir les environs. Chaque visite propose un regard différent sur la même question : comment rendre un passé aussi lointain accessible aujourd’hui ?

Bien préparer cette escapade préhistorique

Avant de partir, consultez les sites officiels pour connaître les horaires, les tarifs, les langues disponibles et les conditions de réservation. Vérifiez aussi les contraintes d’accès si vous voyagez avec de jeunes enfants ou une personne ayant des difficultés à marcher.

À Isturitz et Oxocelhaya, les photographies sont interdites dans les grottes.[4] Pour chaque étape, suivez les consignes du guide : elles font partie de la protection du patrimoine.

Envie de poursuivre la découverte du monde souterrain local ? Retrouvez aussi notre article sur les grottes du phare de Biarritz.

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