Chaque été, un phénomène naturel attire l'attention des autorités sanitaires sur le littoral basque : la prolifération de la microalgue Ostreopsis ovata. Invisible à l'œil nu mais capable de produire des toxines irritantes, cette microalgue peut provoquer des symptômes parfois impressionnants chez les baigneurs, les surfeurs, les promeneurs et les professionnels travaillant en bord de mer.
Depuis les premiers épisodes marquants observés en 2021, un important dispositif de surveillance a été mis en place sur la Côte basque afin d'informer rapidement le public et de limiter les risques sanitaires. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de profiter des plages cet été.
Qu'est-ce qu'Ostreopsis ?
Ostreopsis ovata est une microalgue marine d'origine tropicale appartenant à la famille des dinoflagellés.
Présente depuis plusieurs années en Méditerranée, elle s'est progressivement installée sur la façade atlantique, notamment sur la Côte basque, où les épisodes de prolifération sont désormais régulièrement observés durant l'été lorsque :
- la température de l'eau dépasse généralement 20 °C ;
- la mer est calme plusieurs jours de suite ;
- le soleil est important ;
- les fonds rocheux riches en macroalgues favorisent son développement.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette microalgue ne colore pas toujours l'eau. Lorsqu'elle prolifère fortement, elle peut toutefois former des nappes brunâtres flottantes appelées « fleurs d'eau », mais leur absence ne signifie pas qu'il n'existe aucun risque.
Pourquoi cette microalgue est-elle dangereuse ?
Le principal danger ne vient pas de la baignade elle-même mais des toxines produites par Ostreopsis.
Sous l'action des vagues et du vent, ces toxines peuvent être transportées dans les embruns marins et inhalées par les personnes présentes sur la plage... parfois simplement en se promenant à quelques mètres du rivage.
C'est aujourd'hui la voie d'exposition considérée comme la plus importante par les experts sanitaires.
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes apparaissent généralement quelques heures après l'exposition et disparaissent le plus souvent en quelques jours.
Les plus fréquents sont :
- goût métallique dans la bouche (souvent le premier signe) ;
- irritation de la gorge ;
- toux sèche ;
- nez qui coule ;
- yeux irrités ;
- difficultés respiratoires ;
- maux de tête ;
- fatigue importante ;
- fièvre légère ;
- douleurs musculaires ;
- irritations cutanées après la baignade.
Ces symptômes ressemblent parfois à ceux d'un syndrome grippal, ce qui peut retarder leur identification.
Qui est le plus exposé ?
Certaines catégories de personnes présentent un risque plus élevé :
- les surfeurs ;
- les baigneurs réguliers ;
- les plongeurs ;
- les pratiquants de paddle ou de voile ;
- les maîtres-nageurs ;
- les sauveteurs en mer ;
- les restaurateurs et professionnels travaillant en front de mer.
Les personnes souffrant d'asthme ou d'autres maladies respiratoires doivent être particulièrement vigilantes, car elles développent plus facilement des symptômes parfois plus marqués.
La Côte basque est-elle particulièrement concernée ?
Oui.
Depuis l'été 2021, plusieurs épisodes de prolifération ont été recensés entre Hendaye, Saint-Jean-de-Luz, Guéthary, Bidart, Biarritz et Anglet.
Selon l'ANSES, près de 900 cas d'intoxication ont été signalés sur la Côte basque depuis 2021, ce qui a conduit à renforcer fortement la surveillance du phénomène.
Il ne s'agit cependant pas d'une pollution permanente : les proliférations sont très localisées et évoluent rapidement en fonction de la météo, du vent et de l'état de la mer.
Comment savoir si Ostreopsis est présente ?
La présence de la microalgue n'est pas toujours visible.
En revanche, plusieurs indices peuvent alerter :
- apparition de nappes brunâtres en surface ;
- goût métallique inhabituel dans la bouche ;
- nombreuses personnes présentant simultanément des irritations ou de la toux sur une même plage.
Le plus sûr reste de consulter les informations diffusées par les communes, l'Agence régionale de santé (ARS) ou la Communauté d'agglomération Pays Basque, qui mettent à jour les niveaux de vigilance en période estivale.
Que faire en cas d'exposition ?
Si vous développez des symptômes après une baignade ou une promenade en bord de mer :
- éloignez-vous rapidement du littoral ;
- prenez une douche complète, en rinçant soigneusement le corps et les cheveux ;
- changez de vêtements ;
- hydratez-vous ;
- consultez un médecin si les symptômes persistent ou s'aggravent.
Les personnes asthmatiques ou souffrant d'une gêne respiratoire importante doivent consulter sans attendre.
Les bons réflexes pour limiter les risques
Lorsque des épisodes de prolifération sont signalés :
- respectez les recommandations des autorités ;
- évitez les activités nautiques sur les plages concernées ;
- ne restez pas longtemps au bord de l'eau si vous ressentez un goût métallique ou une irritation ;
- évitez de ramasser des coquillages ou d'autres produits de la mer sur les secteurs concernés ;
- éviscérez les poissons avant consommation lorsqu'une prolifération est en cours.
Une surveillance désormais renforcée
Face à la multiplication des épisodes, les collectivités locales ont mis en place un suivi beaucoup plus réactif.
Le dispositif associe notamment :
- l'Agence régionale de santé (ARS) ;
- l'ANSES ;
- Ifremer ;
- la Communauté Pays Basque ;
- les communes du littoral ;
- différents laboratoires spécialisés.
Les prélèvements peuvent être renforcés lorsque la concentration de microalgues augmente, et des mesures allant de la simple information du public jusqu'à la fermeture temporaire de certaines plages peuvent être décidées si la situation l'exige.
Faut-il continuer à aller à la plage ?
Oui.
La présence d'Ostreopsis ne signifie pas que les plages de la Côte basque sont dangereuses tout l'été. Les épisodes restent ponctuels, très localisés et font désormais l'objet d'une surveillance étroite.
Le plus important est de rester informé et de suivre les recommandations diffusées par les autorités sanitaires. En cas d'alerte, quelques précautions simples permettent de réduire très efficacement le risque d'exposition.
Ainsi, chacun peut continuer à profiter du littoral basque en toute sérénité, tout en restant attentif à un phénomène naturel désormais bien connu et suivi de près par les scientifiques.




